Le camp zéro déchets par ceux qui l’ont vécu.

Equipe ‘Laudato si’ (ELS) : Quelles étaient vos motivations pour faire un camp 0 déchets ?

Marie-Pauline Orban (Akela 2ₑ BXL) : Nous avons été motivées par le fait que ça marchait bien dans d’autres compagnies et rondes. En plus pour nous ça avait un objectif plus pédagogique. La première année qu’on l’a fait (cet été ça sera la 3ₑ fois qu’on fera un camp 0 déchets), on avait fait un petit carnet pour les loups avec des explications sur le tri des poubelles et le compost. Notre but était de les sensibiliser et d’essayer qu’elles en parlent chez elles et l’appliquent à la maison.

 

ELS : Comment avez-vous commencé à implémenter cela au camp ?

MPO : On a commencé par leur expliquer le principe avant le camp et on les a mis à contribution en leur demandant de préparer des biscuits/gâteaux pour les goûters du camp. On les a motivées en faisant un petit carnet qui rassemblait toutes les recettes qu’elles nous avaient envoyées. Ça a super bien marché dans le sens où les louvettes participaient réellement au 0 déchets et en plus elles avaient le plaisir de faire goûter ce qu’elles avaient préparé à toute la clairière.

 

ELS : Quels ont été les bénéfices ?

MPO : On a mangé beaucoup plus sainement et varié. Ça a bien sensibilisé les loups et elles ont appris à manger de saison et de tout. En plus elles ont découvert un peu d’où venait tous les produits, en particulier le lait dont elles raffolaient alors que la plupart d’entre elles ne buvaient pas de lait au camps précédents quand il provenait d’une grande surface.

 

ELS : Quelles étaient les difficultés majeures ?

MPO : Trouver des repas complets et variés. Surtout pour les desserts lactés ce n’est pas toujours facile parce que tout dépend un peu des producteurs locaux qu’on trouve dans la région. Une autre difficulté était de trouver un remplacement pour les bonbons (Kruidvat reste une bonne option pour acheter des bonbons en vrac) et aussi les 5ₑ repas du staff. Là nous nous sommes consolées avec de délicieuses glaces de la ferme et un mélange de noix trop bon. La première année est toujours la plus difficile parce qu’il faut trouver un moyen de fonctionner dans le 0 déchets et savoir faire les bons sacrifices parfois.

 

ELS : On dit souvent que le zéro déchets et le bio ça coûte beaucoup plus cher, est-ce vrai?

MPO : Ça dépend vraiment. Quand on fait du 0 déchets et qu’on achète en vrac, on fait beaucoup plus attention aux quantités. Quand chez Colruyt tu vas acheter 5 kilo de pâtes, en vrac tu peux acheter 4,5 kilo et avoir exactement la quantité qu’il te faut. Du coup la différence de prix n’est pas énorme parce qu’on gaspille beaucoup moins de nourriture. Et puis il faut aussi savoir marchander avec les producteurs locaux qui sont ravis de nous voir arriver et de nous livrer leurs produits pendant 10 jours.

 

ELS : Comment ont réagi vos louvettes ?

MPO : Globalement bien. Au début elles n’étaient pas toujours très contentes surtout quand il s’agissait des menus. Mais maintenant elles nous demandent chaque année si on peut refaire un camp 0 déchets. Objectif atteint du coup.

 

ELS : Avez-vous trouvé des aides/partenaires/commerçants...

MPO : Oui, on demande chaque année une aide financière à l’APAQW. Mais on ne rentre le dossier final que si notre budget a vraiment explosé, ce qui par exemple l’an dernier n’a pas du tout été le cas. En plus la plupart des producteurs locaux sont super sympas et nous font des prix.

 

ELS : Un conseil pour se lancer quand on ne sait pas par où commencer?

MPO : Avoir assez de récipients pour aller faire les courses en vrac, essayer de faire des menus faciles et de saison mais bien réfléchis à l’avance. Par exemple mettre des pittas au menu ce n’est pas super réaliste. Aller faire un tour dans la région avant le camp pour localiser les producteurs et prendre contact avec eux peut vous faire gagner beaucoup de temps au moment du précamp. Avoir du shampooing et du savon en bloc pour toute la clairière est toujours une bonne idée pour éviter celles qui arrivent avec des savons non biodégradables et autres.

Un dernier conseil : pensez différemment ! Faites des smoothies ou des salades de fruits, si vous avez beaucoup d’intendants, faites des crêpes, du popcorn, des gaufres (bon là il faut un appareil à gaufres) etc… La créativité est un grand atout pour se lancer dans le 0 déchets. Et n’oubliez pas d’expliquer le principe aux parents et aux animés, ça rendra la coopération beaucoup plus facile.

Membre de la

© 2019 by ESG-B GSE-B

  • Facebook Social Icon
  • YouTube